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Jean-René Cochet
auteur vivant de théâtre
18/04/2004
 
Amour
D'aucuns auront compris que les textes que j'écris depuis quelques temps sont tous axés autour de la thématique de l'amour. Certes il ne s'agit pas de romantisme à proprement parler, mais le rapport de l'un à l'autre est malgré tout très présent. Je songeais récement à clôre cette série par un dernier texte mais je ne parviens pas à l'écrire... proprement disons.
Cette histoire, inspiré d'un scénario de film porno, mettait en scène deux jeunes étudiants, un garçon et une fille.
Crise du logement, mauvaise organisation, autant de facteurs qui poussaient la jeune fille à ne pas avoir d'appartement le jour de la rentrée universitaire. Son camarade d'amphithéâtre lui proposait alors de l'heberger le temps qu'elle trouve.
Mi-amitié, mi-amour platonique, aucun des deux ne finissait par souhaiter son départ de la colocation. Elle payait sa moitié de loyer, tout allait bien.
Et puis à nouveau des problèmes d'argent frappent la jeune fille, et elle ne peut plus payer sa part de loyer.
Dans une scène subtile, le garçon lui "propose" alors de coucher avec elle en échange de sa moitié d'appartement, ce qu'elle accepte.
La dégradation de leurs rapports commence à cet instant, jusqu'à un point critique où la colocation ressemblera plus à de la séquestration, ou de l'esclavage.
Je n'ai pas encore d'idées sur la fin, mais je pense trouver bientôt, si je me jette dans cette écriture pendant les deux semaines de vacances qui me tombent dessus dès demain.
Nous verrons.
10/04/2004
 
L'avenir du texte au théâtre
Je ne suis pas le premier à me poser la question de l'utilité du texte de théâtre, de la pertinence de son utilisation.
Si bien entendu, le recours fréquent aux pièces du "repertoire" relève d'une sacralisation de l'art désuette et en voie de disparition, on pourrait presque en dire de même pour ce qui est de l'écriture théâtrale aujourd'hui.
Aussi loin que remontent en effet mes souvenirs de théâtre, les émotions les plus fortes que j'ai pu ressentir ont été systématiquement engendrées par des spectacles "non-écrits", autrement dit qui relevaient d'une création collective, à texte variable, et dont la gestation s'était faite sur scène, en commun, pendant les répétitions voire les représentations.
Pour sauver le corps qui représente, devra-t-on rejeter en bloc toute intervention d'auteur ?
Et si c'est le cas, la forme d'art ainsi mise à jour ne sera-t-elle pas très proche d'un hypothétique "real-theatre", comme on a aujourd'hui une real-tv ?
Exhibition, erreurs, temps morts, détresse humaine, rôle vacillant sous le poids du regard, conscience/inconscience, le tout mis en scène par des spécialistes de l'oeil humain, publicitaires, producteurs, graphistes, ... c'est je crois le lieu vers lequel il serait important de se diriger, si l'on souhaite conserver la représentation.
Car l'autre hypothèse, plus logique puisqu'en adéquation avec les premiers temps du théâtre, serait de supprimer totalement la notion de public, et que chacun redevienne l'oeil-acteur qu'il était autrefois, lors de cérémonies païennes et débridées.
La chute rapide de la conscience religieuse dans nos civilisations occidentale n'est pas étrangère à cet invincible mouvement, je pense, quand on sait que les premières formes de théâtre construit étaient les Mystères, scènes de l'Evangile données sur le parvis des églises. La fusion qui s'est opérée entre le message tout puissant de l'Auteur et la parole de Dieu a consolidé notre conception du théâtre structurée de manière binaire : Représentant/Public ou plutôt Berger/Brebis.
Les formes contemporaines de fiction les plus élaborées aujourd'hui (je pense à la real-tv bien sûr), sont un premier pas, de mon point de vue, vers ce stade ultime du théâtre : la mort de la représentation. On assiste en effet à un déréglement des lois de la fiction, non pas encore une disparition, car le montage-image des sociétés de production qui s'affairent sur ces émissions est encore de loin guidé par les antiques impératifs de la tragédie : Présentation / Conflit / Résolution. Mais cette situation ne durera pas, de toute évidence et laissera rapidement sa place à un chaos de formes et de sens qui ne se permettra même plus le luxe de la représentation, télévisée ou publique. Chaque homme deviendra l'auteur et l'acteur de sa propre tragédie lente, déstructurée, lancinante, seulement ponctuée par des instants de spectacle total rendus possible grâce à la multiplication et la sophistication des moyens de communication.
Et une fois achevé l'abandon du corps, ou plutôt sa négligeance, la profusion des représentations fera du monde une représentation globale, une fourmilière d'écrans posés devant qui nous serons à la place de nous-mêmes.
On me dira que cela a toujours été plus ou moins le cas.
La différence sera que désormais, aucune scène de théâtre, ni aucun écran de télévision, n'apportera plus de barème moral à nos faits et gestes, à nos pensées et opinions.
Et sans structure morale supérieure, sans certitude de Vérité, sans certitude de Beau, qui sait ce qui pourra se produire ?
07/04/2004
 
RWANDA
Pour commémorer les 10 ans du génocide rwandais, Libération a publié un cahier spécial rempli de témoignages de bourreaux. S'il y avait certes des airs de Nuremberg dans ces déclarations, un détail marquant signait la différence malgré tout. Ce détail était la machette, cette arme populaire dans les nombreux conflits africains. Mais loin d'exprimer le tribalisme ou le primitivisme des protagonistes de ce massacre, elle m'est au contraire apparue comme une arme moderne, car radicale, et tactile. On était loin des abstractions de Dachau ou d'Auschwitz, machines administratives de mort, ou encore des symboles à feu que sont revolvers et fusils, dont une simple pression suffit pour anéantir un homme. La machette nous met face à notre désir de mort, sans aucune possibilité intellectuelle de le dédramatiser. Je pense que c'est vers ces extrémités que toutes les sociétés se dirigent : l'acceptation totale de la destruction et du meurtre.
J'ai l'envie de parler de cet aspect de l'évolution du monde dans une prochaine pièce, même si je ne sais pas encore sous quelle forme précise.
Disons que je vais utiliser ce blog pour mettre mes idées au clair.
05/04/2004
 
VOICI LE DEBUT DE L'EXPERIENCE
Puisque ce monde est moderne et efficace.
Je dois être aussi moderne et efficace.
Et puisque tout le monde veut savoir les choses
Quand elles arrivent
Alors je vais les raconter.