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Jean-René Cochet
auteur vivant de théâtre
30/10/2004
 
scène 2 (extrait)
le narrateur
dix ans plus tard / Jennifer emménage chez Dylan
nous annonçons dix années car ceci est un conte de fées /
de ceux où le temps s’étire et flirte avec l’éternité /
nous annonçons dix années / mais cela pourrait être plus / ou moins /
car le temps n’existe pas dans ce genre de conte de fées /
toujours nous les imaginerons logés quelque part dans un pli du passé /
et il pourra s’écouler un temps infini / il pourra se passer mille ans / ou dix mille ans /
sans que jamais ce conte ne pénètre notre époque / ni que des princesses se retrouvent poussant des caddies sur des parkings de supermarché /
ceci est un conte de fées qui a l’âge du monde / ni plus / ni moins /
et comme chacun ici ignore l’âge du monde /
alors le temps est flou / alors les chronologies sont troubles /
et ne reste que l’histoire qu’on nous raconte /
08/10/2004
 
Ecriture
Je me suis mis à la rédaction - dite "premier jet" - de "Tous les garçons s'appellent Dylan".
Ma première pensée était d'utiliser un langage qui soit inspiré du minimalisme répétitif propre à la jeunesse/adolescence - à base d'onomatopées, d'aphorismes récurrents, et puis en situant l'histoire, je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas faire de ces étudiants les victimes d'une machine qui les dépassaient. Cela pourra être ressenti comme ça, de toute manière, alors forcer le trait n'était pas vraiment utile.
De plus, je m'aperçois que j'ai beaucoup de mal à ne pas être lyrique - un défaut de jeunesse qui ne m'a jamais quitté...
J'admire des auteurs comme Arne Sierens par exemple, qui sont capable de limiter leur langue au strict minimum. J'en suis parfaitement incapable.
Alors je vais simplement tenter une évolution du langage. En partant peut-être d'une forme de minimalisme pour entrer progressivement vers un langage plus élaboré.